Les chroniques
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Présentation

Par:Roll Grenier
 
C'est avec grand plaisir que je me joins à l'équipe des chroniqueurs de la Toile horticole. Il y a déjà un petit bout de temps que l'on m'attend mais, j'avais beaucoup d'autres engagements. Comme vous le savez, dans le domaine de l'horticulture, le début de l'été est une période plutôt occupée. Enfin, en cette période-ci cela semble vouloir se calmer un petit peu … un tout petit peu. 

Pour cette première chronique, j'aimerais vous dire d'où me vient ma passion et ma volonté de m'engager dans le milieu horticole. En vous racontant mon cheminement, vous comprendrez mieux le sens de mes propos et les objectifs que je poursuis. 

Mes premiers contacts avec le monde végétal remontent à mon enfance. C'est ma grand-mère maternelle qui, la première, m'a "contaminé". Je la suivais sur les talons chaque fois qu'elle allait à son potager pour qu'elle m'apprenne comment faire pousser les légumes. À un moment donné, j'ai eu droit à un petit carré du jardin pour faire pousser mes premières laitues et radis. Ma mère, qui aime les plantes elle aussi, m'a donné trois sachets de graines de fleurs annuelles pour que je les sème dans mon petit carré avec les laitues. 

Ma grand-mère avait aussi une multitude de plantes d'intérieur dans la grande vitrine de son magasin général. Je lui aidais à faire ses tournées d'arrosage. Un jour, elle m'a donné ma première bouture de bégonia. Ce fut ma première plante véritablement à moi. À propos de ce bégonia, c'était un Bégonia sempervirens à fleurs roses doubles. Il n'y avait que ma grand-mère qui avait cette variété. Je n'en ai jamais vu ailleurs jusqu'à ce qu'on sorte sur le marché, ce printemps, une nouvelle variété de bégonia à fleurs doubles qui est identique à celui de ma grand-mère. Parfois les nouveautés ne sont pas aussi nouvelles qu'on le pense. 

C'est la même chose pour une variété d'impatiente à feuilles panachées et à fleurs lilas simples cultivée par ma grand-mère. Jusqu'à l'année dernière, je pouvais dire que j'en avais pratiquement l'exclusivité. Actuellement, un producteur d'annuelles de la région de Québec en vend au marché. Quand je l'ai questionné sur la provenance de cette variété d'impatiente, il m'a dit qu'elle lui avait été offerte par l'un de ses clients qui disait l'avoir reçu en cadeau d'une personne qui ne savait pas d'où ça venait. Moi, j'ai une petite idée de la provenance. 

Jusqu'à la fin de sa vie, ma grand-mère et moi, nous nous sommes échangé de nombreuses boutures de plantes d'intérieur et de vivaces. 
Au Cegep, c'est en technique des sciences naturelles que je me suis dirigé. Je ne pouvais concevoir mon futur métier ailleurs que dans la nature. Cette formation nous préparait justement à travailler en forêt autant avec la flore qu'avec la faune. Mes cours préférés étaient l'écologie et la botanique. J'ai toujours aimé comprendre les détails pointus mais, en les situant dans un contexte plus large. L'interprétation d'un milieu naturel à partir de plusieurs détails d'observation me fascine encore. 

Comme technicien de la faune, j'ai travaillé dans les centres éducatifs forestiers à Duchesnay et aux Palissades. Le travail de naturaliste satisfaisait tous mes besoins : travail en forêt et travail de sensibilisation à l'environnement auprès des jeunes et du public en général. 

Des coupures budgétaires au gouvernement m'ont fait perdre mon emploi comme naturaliste. J'ai dû me retourner de bord rapidement pour me trouver un autre travail dans un contexte économique très défavorable. Et c'et là que mon hobby préféré, le jardinage, est devenu mon gagne-pain. Mon premier travail en horticulture a été à l'école de musique du Domaine Forget dans Charlevoix. Je produisais des caissettes d'annuelles et de légumes. Je n'avais jamais travaillé dans une serre et j'étais seul. Cette expérience a été le début d'une période où se sont succédé, durant une bonne quinzaine d'années, plusieurs emplois en horticulture. J'ai eu la chance de pouvoir toucher à presque tous les secteurs horticoles. J'ai appris le métier d'horticulteur en travaillant, en m'impliquant dans plusieurs sociétés d'horticulture et en suivant des cours sur tout ce qui m'intéressait. 

Mes grandes passions horticoles comprennent la culture biologique des plantes comestibles et les bonsaï. Pour moi, ces deux domaines de l'horticulture représentent quelque chose de noble, d'apaisant et d'extrêmement satisfaisant.  Je puiserai certainement des idées de ce côté pour mes prochaines chroniques. 

Quel est mon métier aujourd'hui ? Depuis huit ans, je fais plusieurs choses en horticulture. J'enseigne l'horticulture au niveau professionnel secondaire (DEP) à Charlesbourg, je m'occupe encore très activement du jardin communautaire le Tourne-Sol, je donne des conférences un peu partout, je fais de la consultation privée pour les aménagements de terrain résidentiels, j'écris des articles dans des revues et des livres (Mon premier potager, Créer un jardin communautaire, Guide Botanix), j'ai une banque de photos horticoles, je travaille comme juge pour le concours provincial Fleurir le Québec, j'accompagne des groupes lors de voyages horticoles (Costa-Rica, Hollande, Belgique, etc), et j'ai eu il n'y a pas si longtemps des chroniques horticoles régulières à la radio et à la télévision. Tout cela se chevauche et s'amalgame pour faire une vie bien remplie. Je ne connais pas l'ennui ni la routine. 
Voilà. J'ai fait un tour rapide de mon cheminement horticole. Il est diversifié mais, retenez que je suis intéressé par tout ce qui pousse et qui fait de la photosynthèse et que j'analyse toujours chaque geste horticole dans un contexte environnemental. Que voulez-vous, je ne peux faire autrement. 
Je vous invite à me signifier les sujets particuliers qui vous intéressent et dont je pourrais vous parler dans mes prochaines chroniques. 
En attendant, je dois aller arroser mes plantes, elles ont soif. À la prochaine.


Roll Grenier

 

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