Les chroniques
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Le moucheron: un dérangement, sans plus

Vous êtes assis(e) tranquillement à lire votre journal quand, tout d’un coup, un minuscule insecte noir se met à voleter à quelques centimètres de votre visage. D’où peut-il venir comme cela en plein hiver? De vos plantes d’intérieur ou de vos semis de légumes ou d’annuelles, sans doute, car il s’agit là d’un des insectes les plus courants de la culture en pot: le moucheron.

Que de noms
Moucheron, mouche noire, mouche des champignons, mouche à fruits, moustique, voilà seulement quelques-uns des sobriquets qu’on donne à ce petit insecte à peine plus gros qu’une tête d’épingle. Cependant, ce n’est pas une véritable mouche à fruits, car ce qui l’intéresse, ce ne sont pas les fruits en décomposition, mais les terreaux riches en matière organique.
Mais peu importe le nom qu’on lui donne et le genre auquel il appartient (Sciara ou Bradysia), il a toujours la même habitude agaçante: à maturité il quitte son terreau d’origine à la recherche d’un nouveau lieu de ponte… et ce faisant, dérange tous les habitants de votre demeure. C’est une erreur de taille de sa part, car si on peut lui pardonner les dégâts minimaux qu’il cause aux plantes, on accepte difficilement de le voir voleter partout dans la maison!

Assez inoffensif
Le moucheron adulte, disons-le tout de suite, ne touche pas aux plantes. Ne vivant que quelques jours, son seul but est de rejoindre un moucheron de l’autre sexe, de procréer et ensuite de pondre ses oeufs. S’il nous approche, c’est que nous dégageons de la chaleur… et la chaleur est souvent indicatrice de matière organique en décomposition. Il nous oubliera bien vite, car nous n’offrons aucun terrain de ponte intéressant. Ce qui n’est pas le cas du terreau de vos plantes d’intérieur!

La femelle pond entre 75 et 200 oeufs dans du compost ou dans un terreau riche en matière organique. Les oeufs éclosent rapidement pour libérer de petits asticots blancs qui consommeront les matières organiques présentes dans le terreau. En petit nombre, ils ne font pas de tort aux plantes, bien au contraire, car ils font partie du processus naturel de décomposition qui libère les éléments organiques du sol, aidant ainsi à nourrir vos plantes.
Lorsque beaucoup d’asticots sont présents, par contre, il est possible qu’ils mangent les jeunes racines et radicelles des plantes, mais il n’y a pas pour autant lieu de s'inquiéter outre mesure. En effet, les plantes produisent beaucoup plus de racines qu’il ne leur en faut pour bien croître: quelques radicelles de moins n’est donc pas un drame. De plus, en «taillant» les racines, les asticots encouragent leur embranchement, d’où un nombre accru de petites racines courtes utiles comparativement aux longues racines qui, en pot du moins, ne servent à rien.

Un instant, diront les horticulteurs invétérés, les asticots ne transportent-ils pas des maladies? Oui, c’est possible… mais c’est plutôt rare en appartement car ces maladies sont très spécifiques à certaines plantes. Une souche de phytophora qui s’attaque aux géraniums, par exemple, ne touchera pas aux violettes africaines, et vice-versa. Les producteurs en serre qui cultivent des milliers de plants de la même espèce ont, et avec raison, très peur du moucheron… mais l’amateur qui cultive des plantes de plusieurs sortes a très peu à craindre. Ils demeurent donc plus une gêne qu’un véritable problème.

Des remèdes tout en douceur
Ce serait un non-sens que de recourir aux pesticides puissants pour éliminer un insecte qui cause aussi peu de dégâts, surtout quand ces produits peuvent être toxiques pour les plantes et les êtres humains, si mal appliqués. Mieux vaut alors choisir des méthodes douces pour les contrôler.

La méthode la plus simple, consiste à laisser le terreau s’assécher davantage entre deux arrosages. En effet, les asticots exigent un sol humide pour survivre. Un sol sec leur est fatal.

Quant aux adultes, il est facile de les attraper. Il s’agit de placer des pièges collants au niveau du terreau. Ce sont, en fait, des feuilles de papier ou de plastique de couleur jaune, recouvertes de colle. De tels pièges sont disponibles dans le commerce. Les moucherons ont un faible pour le jaune et, quand ils s’approchent de trop près, y restent vite collés. Quand le piège est plein – ou encore, perd son effet gluant – il suffit de le remplacer par un autre.

Les moucherons: un dérangement bien mineur. C’est votre degré de tolérance qui déterminera si vous le laisserez vivre ou si vous le chasserez.


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