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Mais quel art! Hironbec Jai lhabitude de vous parler doiseaux mais cette fois je me laisse tenter par cette autre passion qui me fascine tant, lhorticulture. La première ne va pas sans la deuxième pourtant; aménager un jardin, cest en même temps mettre la table aux oiseaux. Cest drôle comme on ne se satisfait jamais de ce quon a. Durant des mois on espère accueillir un cardinal dans la cour et à peine commence-t-il à se nourrir à la mangeoire que déjà on en souhaite un deuxième. Une fois que le couple visite la mangeoire quotidiennement, on nespère plus que les bébés fassent soudainement leur apparition. On est souvent incapable de profiter longtemps de ce que la nature nous offre si généreusement. Cest bien connu, lherbe semble toujours plus verte chez le voisin, surtout si on regarde de loin. Nous sommes
bourrés de ces envies qui nous poussent souvent à vouloir autres
choses. On finit toujours par délaisser ce qui nous avait dabord
tellement enchanté. On travaille dur pour atteindre un objectif, on
y met toute son énergie comme si cétait la chose la plus
importante au monde. Puis, une fois atteint, on est si fier quon en
parle à tous les amis. Et graduellement le temps fait son uvre,
et on en vient à se désintéresser de ce qui avait été
un vrai bonheur. Cest jamais fini en horticulture à ce quon dit. Cest comme une toile quon voudrait peindre à linfini. Surtout que les idées ne manquent pas en ce domaine et les esprits créateurs sont légion au Québec. Ce qui fait que linfluence est grande pour celui ou celle qui narrête jamais de voir. On commence par mettre en terre les plantes les plus jolies, puis une fois rendues à maturité, on leur trouve de multiples défauts. Elles sont ou bien trop grandes ou trop petites. Et la plate bande quon leur a désignée ne leur convient plus. Les couleurs ne se marient plus à lensemble, trop de jaune ici et pas assez de bleu là. Trop dombre pour les dahlias et pas assez de soleil pour les roses. Pire encore, tout le monde y va de son grain de sel et le pauvre jardinier amateur que je suis reste plus souvent quautrement hébété une fois la visite terminée. Javais un plan pourtant. Je métais sérieusement inspiré de plusieurs livres et revues en matière horticole mais il faut bien que je lavoue, je débutais. Et jai la conviction que cet apprentissage va durer encore longtemps; pourvu que mon jardin saméliore à chaque plate-bande refaite. Curieusement, mon jardin ne devait contenir que des plantes attirantes pour les oiseaux. Mais allez donc résister aux diverses autres sur le marché. Il y en a tellement que jai limpression que mon jardin adoptera plusieurs visages au cours des prochaines années. Je me demande même où je marrêterai. À mesure que je visite les centres de jardinage, je refais mes devoirs, pelle à la main et plus souvent quautrement, plier en deux à caresser cette terre doù jaillira le miracle de dame nature. Et si la revue Fleurs Plantes et Jardins nétait pas si démonstrative aussi. Les arrangements proposés sont si colorés et si invitants que je ne peux pas résister longtemps à lenvie de tout transposer dans mon jardin. Pour tout vous dire, jaime jardiner même si les résultats ne sont pas toujours à la hauteur de mes attentes. Cest relativement facile de mettre des plantes en terre, mais agencer les formes, les grandeurs, les couleurs et même le degré de rusticité relève du défi. Dautant plus quil faut satisfaire non seulement les petits caprices de cette luxuriante végétation mais aussi ceux qui mhabitent. Jardiner est un passe temps populaire en Amérique. Plus on sadonne à cette activité, plus on se rend compte que cest aussi un art de plus en plus recherché. Mais quel art! Ne dit-on pas que lhorticulture est lactivité la plus populaire en Amérique?
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